H3. La République et le

fait religieux depuis

1880

Les questions du programme:

On étudie l’évolution des rapports entre la République et les Églises en partant des lois scolaires de Jules Ferry. On montre que la laïcité est devenue le garant de la liberté de conscience et du libre exercice des cultes régi (sauf exception) par la loi de 1905.


Introduction

La IIIe République succède au second Empire en 1870 après la défait de Napoléon III à Sedan en 1870, mais entre 1870 et 1879, le régime républicain est encore très fragile.

Pour consolider ce régime républicain, il faut libérer la France de la forte emprise qu'exercé sur elle l'Église catholique proche des monarchistes: depuis le Concordat de 1801, l'Église catholique est reconnue officiellement par l'État qui rémunère le clergé (prêtres, moines etc.). Dans un premier temps, les lois des années 1880 laïcisent l'école et la société.


I - Un fondement de la laïcité française : l'école

Depuis la loi Guizot (1833), chaque commune se doit d'entretenir une école primaire, publique ou privée.


L'histoire scolaire de la France est bousculée par le ministre Jules Ferry qui rend l'enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire (lois de 1880-1882).


L'école républicaine et laïque a des objectifs précis : le maître apprend toujours à lire, écrire et compter, mais il développe également le sentiment national et diffuse les idées républicaines.


À partir de 1880 l'Église et la République se déchirent. Pendant cette période, on est clérical ou anti-clérical. Dans ce contexte, dans une presse libérée par la loi du 29 juillet 1881 (instaurant la liberté de la presse), on « s'assassine » à coups de caricatures, notamment entre écoles confessionnelles (établissements d'enseignement privé qui se réfèrent) à une religion et l'école laïque.


Quelques définitions importantes:

Cléricalisme désigne une action visant à favoriser l'influence religieuse dans la société.

Anticléricalisme: opinion s'opposant à l'influence des religieux dans la société et la vie politique

Concordat: traité signé en 1801 entre Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, et le pape Pie VII. Il accorde à l'Église catholique une place privilégiée en France, tout en la mettant sous contrôle de l'État.

Congrégation: ordre religieux chargé d'assurer l'éducation à la fois scolaire et spirituelle des enfants qui lui sont confiés; les principales congrégations, avant 1880, étaient celles des Jésuites et des Assomptionnistes.

Loi Debré: texte juridique qui définit trois statuts pour les écoles privées:

- intégration totale à l'Éducation nationale

- contrat d'association (avec subvention et contrôle de l'État)

- contrat simple (sans aide de l'État).


II - La séparation des Églises et de l'État

Malgré l'appel du Pape à accepter la République (1892), de nombreux catholiques restent hostiles au régime. La majorité de gauche, après 1898, relance donc l'anticléricalisme. Sous le ministère Waldeck-Rousseau, la loi de 1901 autorisant les associations oblige chaque congrégation à demander une autorisation sans laquelle elle sera dissoute. Le ministre suivant, Combes, rejette presque toutes les demandes puis, en 1904, interdit aux congrégations d'enseigner et fait expulser de leurs monastères celles qui sont dissoutes, provoquant une vive émotion des catholiques.

En 1904, les relations diplomatiques avec le Vatican sont rompues. En février 1905, la Chambre des députés ouvre le débat sur la séparation des Églises et de l’État.


Finalement la loi du 9 décembre 1905 annule le Concordat et légifère sur la séparation des Églises et de l'état: aucun culte ne sera plus reconnu ni financé par l'État. Les édifices religieux resteront accessibles aux fidèles mais deviennent propriété de l'État. C'est la naissance de la laïcité, c'est à dire la neutralité de l'état en matière de religion et la séparation entre le publique et le privé.

La décision de celui-ci de faire procéder à l'inventaire des richesses contenues dans les églises suscite de graves troubles (Crise des inventaires en 1906) mais le clergé catholique s'efforce d'apaiser les esprits. Il obtient en retour du nouveau ministre, Briand, une application plus souple de la loi de 1905.


Exception: Les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle (alors sous contrôle allemand depuis 1870) conservent le régime concordataire lors de leur retour à la France, en 1918



Un homme: Aristide Briand

(1862-1932) Avocat et journaliste, député socialiste en 1902. Rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905 devant la Chambre des députés. En 1906, ministre de l'Instruction publique et des Cultes pendant les inventaires des établissements de culte.

LE B.A. BA:

Dates importantes:

  • 1881-1882 : enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire. (lois Ferry)
  • 1905 : Séparation des Églises et de l'État : loi Briand
  • 2004 : Loi interdisant les signes religieux ostensibles l'école publique

Notions Importantes:

  • Laïcité: séparation entre le politique (la société civile) et la société religieuse.
  • Antisémitisme : racisme dirigé contre les Juifs.
  • Culte : ensemble des rites et des pratiques d'une religion.

Acteurs / Hommes / Personnes connues:

  • Jules Ferry : Avocat de formation, ministre de l'instruction publique.
  • Aristide Briand : Avocat et journaliste, rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905.


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