H2. Les femmes dans la

société française de la

Belle Époque à nos

jours

Les questions du programme:

On étudie la condition féminine au XX e siècle en s'arrêtant sur quelques avancées significatives :scolarisation des filles, conquête des droits civils et politiques, maîtrise de la fécondité et liberté individuelle de la femme, etc. On montre que les inégalités homme-femme persistent

Cours

I - Au début du xx e siècle : la femme, une mineure devant la loi

● Les femmes sont soumises aux textes du Code civil de 1804, qui définit l’incapacité civile de la femme, en particulier de la femme mariée (la grande majorité à l’époque). Celle-ci ne peut agir seule en justice ni disposer seule de ses biens ; elle a besoin de l’autorisation de son mari pour exercer une profession, se présenter à un examen, s’inscrire à l’université, ouvrir un compte bancaire, faire établir un passeport. Seul chef de famille, le mari possède l’autorité parentale.

● Politiquement, la femme est aussi une mineure car elle n’a pas le droit de voter.

● Dans le domaine de l’éducation, elle n’a pas accès (jusqu’en 1924) au même enseignement secondaire que les hommes.

● Enfin, les lois du Code pénal de 1920 répriment et interdisent tout accès à la contraception et à l’avortement. Du début du xx e siècle jusqu’en 1939, des associations féministes agissent pour réclamer l’égalité civique et faire évoluer la condition féminine. C’est le cas de Louise Weiss.

● Avec son mouvement « La Femme nouvelle », Louise Weiss multiplie les actions spectaculaires entre 1934 et 1939 pour faire pression sur les hommes politiques. Mais le Sénat refuse à six reprises de donner le droit de vote aux femmes françaises. C’est l’ordonnance du 21 avril 1944, signée par le général de Gaulle, qui leur confère les mêmes droits politiques que les hommes. Les femmes acquièrent ainsi le droit d’élire et d’être élues.

● Les femmes votent pour la première fois en 1945 pour les élections municipales.


II - Des années 1960 à nos jours : des droits conquis mais des inégalités qui persistent

● À partir des années 1960, les Françaises conquièrent de nouveaux droits.

Sur le plan des droits civils, la loi de 1965 supprime l’autorisation du mari pour l’exercice d’une profession, l’ouverture d’un compte bancaire ou la disposition des biens propres.

Sur le plan de l’éducation, la mixité des établissements scolaires (écoles primaires, collèges, lycées) favorise et ouvre théoriquement aux filles les mêmes possibilités d’orientation professionnelle qu’aux garçons.

● Sur le plan du droit à disposer librement de son corps, la femme française accède à la maîtrise de sa fécondité : les lois Neuwirth (1967) et Veil (1975) autorisent respectivement la contraception et l’avortement.

● Aujourd’hui, si les textes de loi affirment l’égalité des sexes, il subsiste néanmoins des inégalités de fait.

Inégalités dans le domaine politique : les femmes restent moins nombreuses que les hommes dans les diverses assemblées représentatives, même si, depuis 2000, les lois sur la parité ont infléchi progressivement cette tendance.

Inégalités dans le domaine éducatif et professionnel : les filles sont encore peu présentes dans les filières scientifiques et techniques. Les femmes subissent davantage le chômage, les emplois précaires et sont souvent moins bien payées et moins nombreuses que les hommes aux postes de décision. Pour infléchir cette tendance, depuis 1972, l’État légifère (ex. : loi de 2011 sur l’égalité professionnelle), mais les résultats sont encore timides.

LE B.A. BA:

Dates importantes:

  • 1944 : Droit de vote des femmes qui voteront en 1945 pour la 1ère fois.
  • 1974 : Simone Veil et l'IVG
  • 8 mars, La Journée mondiale de la femme

Notions Importantes:

  • Émancipation : accès à l'autonomie et à la liberté; synonyme de libération.
  • Féministe : qui combat pour l'amélioration du statut de la femme dans la société.
  • Parité : Droit égaux entre les hommes et les femmes.

Acteurs / Hommes / Personnes connues:

  • Louise Weiss : journaliste et féministe qui se bat de manière originale pour le droit de vote.
  • Simone Veil : Ministre de la santé, obtient la loi sur l'IVG en 1975.