H1. Être ouvrier en France (1830-1975)

Les questions du programme:

On rappelle l’évolution du monde ouvrier de 1830 à la fin des Trente Glorieuses. On étudie la constitution d’une culture ouvrière et d’une conscience de classe. On présente les luttes sociales et politiques (grèves, syndicalisme, partis) et le processus d’intégration républicaine des ouvriers et des ouvrières

Le cours:

I - Qu’est-ce qu’être ouvrier ?

● Le terme d’ouvrier englobe un grand nombre de métiers différents exercés dans des lieux tout aussi différents (atelier, mine, usine…). Avant 1880, il est difficile de définir cette catégorie professionnelle. En effet, nombreux sont ceux qui travaillent à domicile ou qui n’exercent cette activité qu’en complément de l’activité agricole. À partir de la fin du xix e siècle, avec l’apparition de la grande usine, les effectifs ouvriers s’accroissent fortement.

Pendant les Trente Glorieuses (1946-1973), les ouvriers constituent la classe sociale la plus nombreuse de la population française (8,2 millions d’ouvriers en 1975, soit 37,2 % de la population active).

● Les ouvriers sont majoritairement des hommes, mais les femmes ont toujours été nombreuses (en 1840, elles représentent 75 % des effectifs du secteur textile) et, dans une moindre mesure, les enfants (au début des années 1840, il y aurait eu plus de 140 000 enfants ouvriers en France). Les ouvriers immigrés sont nombreux à venir travailler en France : en 1927, un tiers des mineurs sont étrangers.

● Les ouvriers développent et partagent une culture ouvrière commune. En effet, même si leur environnement professionnel peut être différent, ils partagent des modes de vie semblables : ils travaillent de leurs mains et vivent souvent dans des logements proches du lieu de travail, dans des villes industrielles en croissance ; après le travail, pendant leur temps de repos, ils partagent des loisirs (café, bal, sport).


II - Les ouvriers, un groupe social dans la République

● Le sentiment de partager une même culture fait naître la conscience d’appartenir à une même classe chez les ouvriers. Cette conscience est favorisée par le développement du mutualisme (sociétés de secours mutuel, coopératives, mutuelles…), mais aussi à travers les syndicats et les partis où l’idéologie socialiste domine souvent.

● Les ouvriers s’organisent, en syndicats et en partis, pour faire valoir leurs droits et usent en particulier du droit de grève. Ils revendiquent souvent des augmentations de salaire et une réduction du temps de travail. Les revendications prennent également une dimension politique (défense du suffrage universel).

● Le socialisme trouve son assise politique chez les ouvriers. Il repose sur un rejet de la partition des sociétés en classes sociales dont certaines domineraient les autres, et prône une répartition équitable des richesses. C’est donc ce qui justifie la lutte des classes organisée par les combats des ouvriers.

● Les ouvriers vont finalement trouver leur place au sein de la République française. Leurs luttes sociales et politiques alimentent le débat politique. Cette intégration républicaine est d’autant plus aisée que les ouvriers partagent avec la République des valeurs (égalité des chances, justice sociale, solidarité) qui sont affirmées dans les moments difficiles (Front populaire, Résistance…).


Situation: 1892, la grève de Carmaux et Jean Jaurès

● En 1892, les mineurs de Carmaux (Tarn) font grève parce que l’un des leurs, Jean-Baptiste Calvignac, a été licencié après avoir été élu maire. Pour défendre leurs droits politiques, ils font appel à Jean Jaurès. Grâce à son intervention, le gouvernement donne raison aux ouvriers. C’est pour eux une marque de reconnaissance de la République à leur encontre.


LE B.A. BA:

Dates importantes:

  • 1864 : loi instaurant le droit de grève.
  • 1884 : loi autorisant des syndicats
  • 1892 : loi limitant la journée de travail à 12 heures.
  • 1906 : loi imposant une journée de repos hebdomadaire.
  • 1919 (avril) : loi limitant la journée de travail à 8 heures.
  • 1936 (mai-juin) : grèves et occupations d’usine.
  • 1936 (juin) : accords de Matignon permettant de:
      • semaine de 40 heures (48h avant)
      • 2 semaines de congés payés par an (accords de Matignon)
      • conventions collectives.
  • 1950 : instauration d’un salaire minimum (SMIG).
  • 1968 (mai) : grève générale et occupations d’usine.

Notions Importantes:

  • Taylorisme: doctrine qui repose sur la division du travail en plusieurs tâches simples.
  • Fordisme: adaptation du taylorisme + travail à la chaîne.
  • Syndicalisme : mouvement tourné vers la défense des ouvriers.
  • Socialisme : doctrine prônant la disparition des inégalités sociales.
  • Communisme : forme d'organisation économique et sociale fondée sur une société égalitaire sans classe

Acteurs / Hommes / Personnes connues:

  • Jean Jaurès : d'abord professeur à la fac, il s'engage aux côtés des mineurs de Carmaux avant d'être élu député socialiste.

Le corrigé du devoir sur la séquence:

Devoir H1_corrigé.pdf