H1. Hommes et femmes au travail en

métropole et dans les colonies françaises (XIXe-1ere moitié du XXe siècle)

Les questions du programme:

Le monde du travail connaît de profondes transformations dans un contexte d’industrialisation, d’urbanisation, de développement de l’instruction publique et de la formation professionnelle.

Le travail de la terre constitue le premier secteur d’activité en France : l’agriculture est le secteur d’emploi dominant jusqu’aux années 1930. Fermiers, petits propriétaires, salariés agricoles, journaliers et travailleurs sans terre, domestiques composent un monde diversifié caractérisé en partie par la pluriactivité (paysans-ouvriers, paysans-artisans). Dans l’Entre-deux-guerres, la mécanisation gagne progressivement les campagnes ainsi que l’usage des premiers engrais chimiques, amorçant ainsi des transformations dans le travail de la terre.

Dans les villes comme dans les campagnes, les métiers de l’artisanat évoluent sous l’effet des nouvelles techniques et de la concurrence de l’industrie. Le développement du chemin de fer et l’amélioration des routes, la crise économique de la fin du XIXe siècle et l’essor de la domesticité dans la bourgeoisie urbaine accentuent l’exode rural.

Le travail à l’usine apparaît au XIXe siècle. Les ouvriers connaissent de longues journées de travail, notamment dans les filatures et les mines avec des salaires très bas. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ils s’organisent en syndicats qui conduisent les premières luttes sociales. Dans le premier tiers du XXe siècle, le monde de l’industrie est marqué par la rationalisation du travail avec le développement du travail à la chaîne.

Les mouvements politiques (anarchistes, socialistes, catholiques sociaux, républicains) se saisissent de la « question sociale ». Les salaires et les droits sociaux progressent mais les inégalités entre hommes et femmes subsistent. Au XIXe siècle, des lois limitent le travail des enfants et établissent l’instruction primaire obligatoire. En 1906, est créé le Ministère du travail. Dans les années 1920, les lois sur les assurances sociales permettent d’améliorer les conditions de vie des salariés. Sous le Front populaire, l’État intervient plus activement dans les négociations entre salariés et patrons.

L’accroissement du nombre de fonctionnaires, d’employés de bureau et de commerce illustre le développement des bureaux dans les entreprises, l’essor du commerce et la croissance de l’État à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ; ces transformations contribuent à la féminisation des emplois.

Dans les colonies françaises, coexistent le travail traditionnel de la terre et celui des grandes plantations. Les chantiers entrepris par l’État colonial (entretien des routes, construction de chemin de fer, construction d’édifices, …) mobilisent la main-d’œuvre locale selon différentes modalités.

Le cours:

I - Travailler au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle

• Au début du xixe, la France est un pays très majoritairement rural dominé par l’agriculture et l’artisanat. Tout au long du xixe cependant, une autre activité économique prend une place de plus en plus importante en France : l’industrie.

• Peu à peu, l’économie se modernise sous l’influence du secteur industriel. Les machines apparaissent dans les campagnes, les engrais également ; dans les usines, le travail à la chaîne permet de meilleurs rendements. L’artisanat lui aussi se transforme, certains métiers disparaissent. On parle alors d’industrialisation de la France.

• Dans les colonies, si l’esclavage est définitivement aboli en 1848, le travail forcé s’y substitue rapidement et ce, jusqu’à son abrogation en 1946. Les colonisés sont employés dans des plantations, de grandes exploitations forestières ou bien à la construction de grandes infrastructures.

II - La conquête des droits sociaux

• Avec la place plus importante prise par l’industrie, naît un groupe social nouveau : les ouvriers. Celui-ci prend peu à peu conscience de sa force et se révolte contre ses conditions de vie et de travail.

• Cette puissance collective pousse les acteurs politiques à s’intéresser à la question sociale et à légiférer : droit de grève reconnu en 1864, droit pour les salariés du secteur privé à se constituer en syndicat (1884), indemnisation des accidents du travail (1898), droit d’association (1901), assurances sociales (1928).

• En 1936, le Front populaire est le premier gouvernement républicain à épouser aussi largement des revendications ouvrières.

III - Une société qui se transforme

• La transformation de l’économie induit une transformation sociale. Ainsi, de plus en plus d’hommes et de femmes quittent les campagnes pour aller travailler en ville, dans les usines, comme domestiques, comme ouvrières à domicile, et quitter un monde paysan qui apparaît en retard : c’est l’exode rural. Autre phénomène majeur, la féminisation des emplois marque certains secteurs économiques : l’industrie dans une certaine mesure, mais surtout le secteur des services.

• Enfin, la question de l’éducation et du travail des enfants traverse tout le xixe siècle. À la fin du siècle, Jules Ferry institue l’école publique laïque (1881) et obligatoire, officiellement jusqu’à 13 ans (1882). La question de la formation professionnelle fait l’objet de lois propres : création des premières écoles nationales professionnelles (1881) et loi Astier sur l’enseignement technique (1919).

LE B.A. BA:

Dates importantes:

  • 1864 : loi instaurant le droit de grève.

  • 1831 : Révolte des Canuts lyonnais.

  • 1848 : Ateliers nationaux et seconde abolition de l’esclavage en France.

  • 1881-82 : Lois Ferry : Jules Ferry et l’école gratuite, laïque, et obligatoire.

  • Décret de création des premières écoles nationales professionnelles.

  • 1884 : Loi Waldeck-Rousseau sur le droit de se réunir en syndicat.

  • 1892 : loi limitant la journée de travail à 12 heures.

  • 1898 : Loi sur l’indemnisation des accidents du travail.

  • 1901 : Loi sur le droit d’association.

  • 1906 : loi imposant une journée de repos hebdomadaire.

  • 1919 : Loi Astier sur l’enseignement technique et (avril) : loi limitant la journée de travail à 8 heures.

  • 1928 : Loi sur les assurances sociales.

  • 1936 : Front populaire : grèves et occupations d’usine qui débouchent sur des lois sociales, les accords de Matignon et les réformes de Jean Zay : semaine de 40 heures (48h avant) 2 semaines de congés payés par an et l'adoption des conventions collectives.

  • 1946 : Loi Houphouët-Boigny, abrogation du travail forcé dans les colonies.

  • 1950 : instauration d’un salaire minimum (SMIG).

Notions Importantes:

Empire colonial

Esclavage

Agriculture

Artisanat

Droits sociaux

Exode rural : expression qui désigne le transfert durable de populations vivant en zones rurales vers des zones urbaines.

Féminisation des emplois

Industrialisation : transformation de la société grâce à l’influence d’un nouveau secteur économique : l’industrie.

Instruction publique

Plantations

Question sociale : ensemble de réflexions menées pour améliorer les conditions d’existence d’une population.

Syndicat

Usine


  • Syndicalisme : mouvement tourné vers la défense des ouvriers.

  • Socialisme : doctrine prônant la disparition des inégalités sociales.

  • Communisme : forme d'organisation économique et sociale fondée sur une société égalitaire sans classe

Acteurs / Hommes / Personnes connues:

  • Jean Jaurès : d'abord professeur à la fac, il s'engage aux côtés des mineurs de Carmaux avant d'être élu député socialiste.

Capacités travaillées:

Construire une frise chronologique identifiant les acteurs de la question sociale, leurs modalités d’action et les principales avancées sociales sur la période étudiée (métropole et colonies).

Contextualiser une/des œuvre(s) mettant en scène des femmes ou des hommes au travail pour conduire une analyse historique.

Raconter individuellement ou collectivement le quotidien d’une femme ou d’un homme au travail au xixe siècle ou dans la première moitié du xxe siècle à partir de recherches dans la région du lycée des élèves (écomusées, musées et patrimoine industriel, agricole, archives locales, mémoires orales et récits ouvriers par exemple)